Le Syndicat d’Eau de l’Anjou (SEA) a voté ce vendredi 12 décembre le tarif unique de l’eau qui s’appliquera dès le 1ᵉʳ janvier 2026 à l’ensemble de son territoire.
Cette décision marque l’aboutissement d’un chantier engagé en 2020 : l’harmonisation progressive des tarifs afin que chaque usager bénéficie d’une même qualité de service au même prix, quel que soit son lieu d’habitation.
À partir de 2026, la facture d’eau reposera sur les éléments suivants :
● Abonnement : 86,68 € / an
● Part variable : 1,686 € / m³
Auxquels les redevances de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne et la TVA à 5,5 % viennent s’ajouter.
Ce nouveau tarif unique met fin aux 18 tarifs encore en vigueur en 2024.
Une harmonisation pensée pour être progressive et soutenable pour les ménages
L’harmonisation a été conduite entre 2020 et 2026 selon trois principes :
- Limiter l’impact annuel sur les ménages (évolution < 15 €/an hors inflation pour une consommation type de 120 m³).
- Converger vers une part fixe représentant 30 % d’une facture type de 120 m³.
- Intégrer chaque année l’inflation du secteur eau, les variations tarifaires des délégataires et augmenter progressivement les recettes pour financer les investissements prévus dans le schéma directeur du SEA.
Pour les usagers bénéficiant déjà d’un tarif élevé, l’année 2026 marquera une baisse du prix de l’eau ; pour ceux issus de secteurs historiquement sous-tarifés, l’effort de convergence se conclut cette année.
Les très gros consommateurs, notamment industriels, auront porté une partie significative de l’ajustement, en raison de la suppression progressive des tranches dégressives, comme prévu dès 2020.
Pourquoi le prix de l’eau évolue-t-il ?
Si la ressource en eau est gratuite, la rendre potable et la distribuer représente un coût croissant pour la collectivité :
● traitements de plus en plus complexes pour répondre aux polluants émergents,
● hausse du prix de l’énergie et des réactifs,
● entretien et renouvellement d’un réseau de 5 000 km couvrant un territoire rural, donc moins dense, et plus coûteux à maintenir.
Comme le prévoit le principe “l’eau paie l’eau”, l’ensemble de ces charges doit être intégré dans le prix facturé à l’usager.
Une stratégie d’investissement ambitieuse pour sécuriser l’avenir
Depuis 2018, le Syndicat d’Eau de l’Anjou déploie une politique volontariste pour moderniser ses infrastructures :
● renouvellement des réseaux à hauteur de 6,3 M€ / an,
● nouvelle usine de Saint-Georges-sur-Loire avec un investissement de 10 M€,
● maintien d’un rendement réseau de 87 %, malgré les 5000 km de réseau que compose son patrimoine,
● projets structurants visant à sécuriser l’approvisionnement et améliorer la qualité de l’eau.
Le tarif unique 2026 s’inscrit dans la trajectoire financière nécessaire pour soutenir un programme pluriannuel d’investissements de 105 M€ sur 10 ans, tout en maîtrisant l’endettement du syndicat, conformément à ses engagements initiaux.
Préserver durablement la ressource en eau : un impératif majeur
La gestion du patrimoine et la réduction des pertes d’eau constituent des priorités constantes, dans un contexte de changement climatique et de raréfaction de la ressource.
Sur le territoire du SEA, les pertes représentent moins de 14 % de l’eau mise en distribution — un niveau inférieur à la moyenne nationale (20 %). Les travaux de détection, de réparation des fuites et de renouvellement de canalisations constituent ainsi un pilier essentiel de la stratégie du syndicat.
« Avec le vote de ce tarif unique, nous achevons un chantier essentiel pour garantir l’équité entre tous les usagers domestiques, agricoles et industriels. Ce tarif permettra de continuer à fournir une eau de qualité, de moderniser notre réseau et de préserver durablement la ressource, tout en assurant un prix juste et maîtrisé pour les habitants de notre territoire. » Thierry Gallard, Président du Syndicat d’Eau de l’Anjou